» On a laissé un bout de nous sur les murs « 

A l’initiative d’un résident, la galerie des graffs, même si elle fut éphémère, aura connu le succès.

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« Je suis heureux de cette expérience. Merci beaucoup ». Khaled se fait l’interprète de ceux qui ont participé, fin 2018, avec des artistes du collectif « la crèmerie », à la réalisation de « la galerie des graffs ». Une galerie éphémère dans l’ancien collège de l’Adoration, rue d’Antrain. Promis à une prochaine démolition, il abritait provisoirement le centre d’hébergement et d’insertion sociale avant qu’il ne réintègre la rue du Bois Rondel.
L’idée en revient à Sébastien Lerouge, 39 ans, lui-même résident depuis plus d’un an à Benoît Labre. « Quand je suis arrivé ici après avoir longtemps galéré dans la rue, j’avais envie de m’intégrer. Passionné de dessin, j’ai proposé à Romain, un éducateur, d’associer des résidents et des graffeurs pour un travail en commun sur les murs de l’ancienne salle de permanence du collège où il se trouve que j’avais fait mes études. »
Avec enthousiasme, une douzaine de graffeurs rennais ont répondu à sa proposition. Artkor Bagdad, Shendo, Moore, Lélé, Denzzz, Gloar, 1H2C, Gueda one, Éric Quemener, Alexandre Bouchon, Mya et Fortunes ont signé des œuvres que, malheureusement, peu de gens auront vues. Mais là n’est pas le plus important. Le but étant d’abord de permettre à des résidents de « mettre la main à la pâte ». En l’espèce d’apprendre à manier la bombe à peinture, le feutre ou le pinceau.
Objectif atteint. « Les graffs c’est quelque chose qu’on voit tous les jours dans la ville. Se dire qu’on y a soi-même participé ça fait plaisir », se félicite Fadi. Il a donné un coup de main à Lélé, un peintre qui fait revivre les murs décatis en y croquant des faciès de singes. « C’était aussi super pour nous de disposer d’un tel lieu », se réjouit Alexandre Bouchon, auteur d’un surprenant collage à partir d’un Polaroïd inspiré par Spiderman.
« On a laissé un petit bout de nous sur les murs ». Fadi, Khaleb, Olivier, Miawiya, Abbas, Andy, Kamal, André – les résidents – peuvent être fiers d’eux.
Sébastien, à l’origine du projet, l’avoue : « Ça m’a donné envie d’en faire davantage. Je me suis remis à faire du dessin ».

Yvon Lechevestrier.

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Le Sébastien Lerouge (à gauche), à l’origine du projet, en compagnie d’Alexandre Bouchon, auteur d’un graff inspiré projet par Spiderman