Rebonds n°01 février 2019

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Les Rennais se mobilisent pour les sans-abris

Télécharger Rebonds, la lettre de nouvelles de Benoit Labre, n° 1 – février 2019 (au format pdf)

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De retour au nouveau Bois Rondel
Jean de Legge : « Pourquoi nous relançons Rebonds « 
Le monde au centre provisoire d’hébergement
Connaissez-vous la tournée de la ramasse ?
Le beau jardin de Monsieur Vincent
« On a laissé un bout de nous sur les murs »
Hasard ?    –    3.690   –   14.586
L’accueil de nuit : une pause dans un vrai lit
NOUS AVONS BESOIN DE VOUS

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De retour au nouveau Bois Rondel :

Depuis fin janvier, le centre d’hébergement et d’insertion sociale a retrouvé son lieu d’origine, rue du Bois Rondel à Rennes.
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Depuis fin janvier, les habitants du quartier et les résidents de la rue du Bois Rondel découvrent le nouveau visage du centre d’hébergement et d’insertion sociale (CHRS). Aucune comparaison possible avec l’ancien pour ceux qui l’ont connu. “ C’est magnifique. On attendait ça depuis deux ans ”, se réjouit Nathalie Heinry en charge du pôle insertion.
On a vidé l’ancien bâtiment, explique Jacques Gefflot, l’architecte rennais en charge du projet. En le réhabilitant nous avons voulu répondre aux nouvelles normes. Comme celles qui conduisent à une accessibilité pour tous.” D’où l’installation d’un ascenseur permettant à chacun, en situation d’handicap ou pas, de rejoindre, depuis l’accueil, au niveau de la rue, le niveau supérieur où se trouvent l’administration et les chambres.
Autre changement, l’aménagement du sous-sol. “ On a creusé de 70 cm pour gagner en hauteur de plafond et créer ainsi un lieu agréable pour ceux qui travaillent en cuisine ou qui viennent s’y restaurer ”. Le restaurant, avec un soixantaine de places, donne sur une petite cour extérieure qui apporte de la lumière à l’ensemble.
Dans les étages, 42 chambres accueillent autant de résidents. “ Chacun a sa chambre avec wc et salle de bain. Cela devrait favoriser l’autonomie de chacun, précise Mme Heinry. C’est l’objectif de notre projet. Pour se faire les résidents peuvent compter sur une équipe. Du personnel de l’accueil aux travailleurs sociaux en charge de l’animation, du chef de cuisine aux veilleurs de nuit, nous nous y employons en étant à leur écoute ”. À noter qu’aux 42 résidents du Bois Rondel il convient d’ajouter ceux qui sont logés dans 27 appartements loués par l’association dans la ville.
Beaucoup de changements donc mais, trait d’union avec le passé, le CHRS reste dans son lieu historique en centre ville.
Et ce n’est pas la moindre différence avec des villes où on relègue de tels lieux en périphérie.rebonds01_p1_photos_batiments_et_chambre_bois_rondel

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Jean de Legge : « Pourquoi nous relançons Rebonds « 

Notre journal sera un lien entre salariés, résidents et riverains des différents centre d’accueil et d’insertion.

rebonds01_p2_photo_jean_de_leggeJean de Legge,  vous présidez l’association Saint-Benoit Labre, depuis deux ans. Pourquoi avez-vous choisi de relancer Rebonds?

Rebonds a été créé en 2005 pour mettre en lumière des témoignages de résidents et précisément leur capacité à « rebondir », puis petit à petit il a cessé de paraître. Cette publication faisait suite au bulletin Servir dans lequel s’exprimaient les bénévoles qui ont créé et géré le « Foyer Saint-Benoît Labre » de 1937 aux années 1980. La relance de ce titre nous est apparue nécessaire pour montrer la continuité de notre action mais aussi montrer notre évolution.

• Quels sont les faits marquants de cette évolution?

La diversité de nos publics et de nos métiers répartis sur cinq sites différents (rue du Bois Rondel, rue Monsieur Vincent, rue Ernest Chéreau, rue de Fougères, lieu-dit la Vallée à Betton) -voir notre infographie- demande de la cohésion interne et une adhésion renforcée à l’Association, à sa dynamique collective et à ses valeurs. Acteurs de la solidarité du territoire métropolitain, plus que jamais nous travaillons en partenariat avec les autres associations et les réseaux de compétence qui permettent de mener à bien nos missions. Nous souhaitons entretenir cet esprit de collaboration en informant sur nos activités et nos relations inter-associatives.

Une action soutenue par des adhérents, des bénévoles…

…oui, mais aussi des riverains. À tous nous devons une transparence sur notre activité, nos besoins et le bon usage de leur soutien. Ajoutons qu’informer sur nos missions et nos publics, c’est alerter sur les situations d’extrême pauvreté et de grande exclusion et interroger les solidarités collectives et individuelles à développer. Cette alerte est aussi de notre rôle.

Un bulletin comme Rebonds y contribuera ?

Rebonds traitera de la vie de l’Association et de ses trois pôles : urgence, insertion et accueil des étrangers. Place sera faite aux témoignages et parcours de nos résidents, aux activités et animations de chacun des pôles, aux partenariats qui les rendent possibles et aux réflexions et expériences de nos professionnels. Nous souhaitons que Rebonds ait une parution bimestrielle, soit, compte tenu des vacances, 5 numéros par an. Cette ambition est envisageable grâce à la mobilisation interne des professionnels et responsables de service et à celles de bénévoles qui en assurent la réalisation matérielle.

Propos recueillis par Yvon Lechevestrier
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Le monde au Centre Provisoire d’Hébergement :

Ouvert depuis octobre, rue Chéreau, il permet chaque soir à 30 personnes de dormir dans un vrai lit.

Chacun le constate le nombre de migrants à Rennes est croissant. « Au centre provisoire d’hébergement (CPH), ouvert en 2018, nous en accueillons 50, des Tibétains, des Afghans, des Soudanais mais aussi des Géorgiens, Éthiopiens, Congolais…, note Sarah Placé, la responsable. Tous ont le statut de réfugiés. Ils ont entre 20 et 35 ans. Des hommes seuls en majorité. Souvent isolés. Parfois, vulnérables. Très peu parlent le français. »

Le CPH les héberge dans des appartements (F4), loués dans différents quartiers, où ils cohabitent, mais aussi pour 10 d’entre eux dans des foyers de jeunes travailleurs, ce qui permet de les intégrer plus facilement.
Les bureaux du CPH sont depuis peu au 16, rue Chéreau. Là où est ouvert, depuis octobre, l’accueil de nuit.
Le CADA… le centre d’accueil pour demandeurs d’asile ouvrira avant l’été prochain dans les anciens locaux de l’ADAPT à la Vallée à Betton. Notre association vient de les acquérir en lien avec l’AIS 35 (association pour l’insertion sociale). 50 personnes y seront logées.

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Connaissez-vous la tournée de la ramasse ?

Une nouvelle initiative permet de recueillir des dons alimentaires dans les écoles de la ville.

Les cuisines du Bois Rondel et de Monsieur Vincent bénéficient de dons de denrées alimentaires via Breizh Phœnix. Cette dernière est avertie par la grande distribution et met ensuite les associations en contact avec les magasins où elles doivent récupérer les dons. Pour compléter cette offre, depuis septembre 2017 un nouveau circuit de dons a été mis en place par Benoît Labre. Il vise à recueillir des produits consommables mais non utilisés auprès des établissements scolaires. Trois fois par semaine, deux personnes sont détachées pour faire « cette tournée de la ramasse ». Les produits récoltés sont redistribués chaque soir aux cuisines de l’association.

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Le beau jardin de Monsieur Vincent

Pas de barrière de la langue autour des parterres de ce coin de verdure cultivés par des hommes et des femmes du monde entier.

Ça fait plaisir à voir. rebonds01_p3_photo_jardinAu jardin du centre d’hébergement d’urgence, rue Monsieur Vincent, chacun se comprend. Géorgiens, Albanais, Congolais ou Éthiopiens, Chinois ou Français, la langue n’est pas un obstacle. On se parle sans toujours connaître la langue des autres. Magie du jardinage. Les animateurs s’en réjouissent : « De nombreuses personnes hébergées ici se portent volontaires pour nous aider malgré la barrière de la langue. »
Les travaux au jardin permettent à chacun de rompre une situation d’inactivité parfois pesante. Passer la tondeuse, tailler les haies, construire des carrés potagers, faire de petites plantations… Il y a du travail pour tous. Certains ont de réelles compétences. En Albanie ou en Syrie, ils jardinaient déjà. On le devine à leurs gestes, à leurs manières de faire, de manier un outil ou de le nettoyer.
Une subvention de 1000 € de la mairie de Rennes a permis l’aménagement du jardin et l’achat d’une tondeuse électrique chez Envie 35 ainsi que des sacs de terreau.

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« On a laissé un bout de nous sur les murs »

A l’initiative d’un résident, la galerie des graffs, même si elle fut éphémère, aura connu le succès.

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« Je suis heureux de cette expérience. Merci beaucoup ». Khaled se fait l’interprète de ceux qui ont participé, fin 2018, avec des artistes du collectif « la crèmerie », à la réalisation de « la galerie des graffs ». Une galerie éphémère dans l’ancien collège de l’Adoration, rue d’Antrain. Promis à une prochaine démolition, il abritait provisoirement le centre d’hébergement et d’insertion sociale avant qu’il ne réintègre la rue du Bois Rondel.
L’idée en revient à Sébastien Lerouge, 39 ans, lui-même résident depuis plus d’un an à Benoît Labre. « Quand je suis arrivé ici après avoir longtemps galéré dans la rue, j’avais envie de m’intégrer. Passionné de dessin, j’ai proposé à Romain, un éducateur, d’associer des résidents et des graffeurs pour un travail en commun sur les murs de l’ancienne salle de permanence du collège où il se trouve que j’avais fait mes études. »
Avec enthousiasme, une douzaine de graffeurs rennais ont répondu à sa proposition. Artkor Bagdad, Shendo, Moore, Lélé, Denzzz, Gloar, 1H2C, Gueda one, Éric Quemener, Alexandre Bouchon, Mya et Fortunes ont signé des œuvres que, malheureusement, peu de gens auront vues. Mais là n’est pas le plus important. Le but étant d’abord de permettre à des résidents de « mettre la main à la pâte ». En l’espèce d’apprendre à manier la bombe à peinture, le feutre ou le pinceau.
Objectif atteint. « Les graffs c’est quelque chose qu’on voit tous les jours dans la ville. Se dire qu’on y a soi-même participé ça fait plaisir », se félicite Fadi. Il a donné un coup de main à Lélé, un peintre qui fait revivre les murs décatis en y croquant des faciès de singes. « C’était aussi super pour nous de disposer d’un tel lieu », se réjouit Alexandre Bouchon, auteur d’un surprenant collage à partir d’un Polaroïd inspiré par Spiderman.
« On a laissé un petit bout de nous sur les murs ». Fadi, Khaleb, Olivier, Miawiya, Abbas, Andy, Kamal, André – les résidents – peuvent être fiers d’eux.
Sébastien, à l’origine du projet, l’avoue : « Ça m’a donné envie d’en faire davantage. Je me suis remis à faire du dessin ».

Yvon Lechevestrier.

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Le Sébastien Lerouge (à gauche), à l’origine du projet, en compagnie d’Alexandre Bouchon, auteur d’un graff inspiré projet par Spiderman
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Hasard ?    –    3.690   –   14.586

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L’accueil de nuit :

Une pause dans un vrai lit.

« C’est un quartier tranquille. Les gens sont là depuis longtemps. Je comprends qu’ils puissent parfois se plaindre… » Martine Prioul, responsable du pôle urgence au 16, rue Chéreau, près du marché Sainte-Thérèse, est attentive aux réactions des riverains. « Depuis notre installation en octobre dernier on essaie que ça se passe au mieux. Ainsi nous ouvrons l’accueil dès 20h30 pour atténuer la souffrance des personnes à la rue face aux intempéries et diminuer les troubles de voisinage. »
Dès 19h30 la file se forme devant la grille du bâtiment, ancienne annexe de la clinique de l’Espérance. Français sans domicile fixe ou migrants nouvellement arrivés, ils viennent à pied ou en bus (ligne 12). Beaucoup d’hommes. Quelques femmes. De 18 à 67 ans. Fatigués. Seuls. Auparavant, dans la journée, ils ont appelé le 115 qui les a enregistrés puis orientés vers l’accueil de nuit. Certains viennent directement, tentant leur chance. Des fois que les 30 lits (« de vrais lits en bois ») ne seraient pas tous réservés…
À l’accueil, Adama et Abdel, deux veilleurs, leur indiquent où ils dormiront. Dans des chambres collectives, de 2 à 7 lits, où ils pourront se reposer jusqu’à 7h30 demain. Un mot aimable pour tous. Une invitation à se servir un café ou à prendre du pain du jour offert par la boulangerie L’Attrape Douceurs.
« On veille à les recevoir chaleureusement car pour eux c’est une halte, une pause, après une journée éprouvante dans la rue et le froid. Ils viennent ici dans l’espoir d’un répit, d’une nuit paisible. »

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NOUS AVONS BESOIN DE VOUS

Ce mois-ci, nous vous proposons de participer au financement de l’installation de deux douches adaptées au Centre d’Hébergement d’Urgence de la rue Monsieur Vincent à Rennes  . Coût total de chaque salle de douche : 2.900 €.
Le don à l’Association Saint-Benoît Labre ouvre droit à déduction fiscale
(déduction maintenue avec le prélèvement à la source) :
réduction d’impôt sur le revenu de 66% des sommes versées
(dans la limite de dons annuels représentant 20% du revenu imposable en 2018) ; donner 10 € ne vous coûte que 3,40 €.
Dons sur le site : https://www.saint-benoit-labre.fr/faire-un-don/
ou par chèque : ASBL-Service dons – 5 Rue du Bois Rondel – 35700 Rennes

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