Rebonds n°02 – avril 2019

148 places de plus à Rennes pour les sans-logis

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Éditorial
Entre elle et eux, le courant passe
« Je suis passé de la rue à un vrai chez moi »
À Betton le CADA accueille ses premiers réfugiés
« C’est l’appartement à mon papa »
L’aboutissement d’un chantier ambitieux
Deux heures de français par semaine
Poème d’un précaire anonyme
Brèves
NOUS AVONS BESOIN DE VOUS

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Édito

148 PLACES DE PLUS ET UN CHRS RÉNOVÉ

Dominique Djuricic
Dominique Djuricic
Directrice générale de l’association

Ces 12 derniers mois l’Association a largement déployé son activité afin d’accueillir toujours plus de personnes en situation de précarité.
Ainsi, à l’initiative de l’équipe, notre Centre d’Hébergement d’Urgence a allongé son amplitude horaire d’accueil et a proposé cet hiver 2 places supplémentaires.
En juin dernier, notre Centre Provisoire d’Hébergement a ouvert pour accueillir 50 réfugiés en cohabitation dans des appartements sur Rennes. La réussite de cet accueil, malgré les aléas, est le fait d’une équipe non seulement motivée mais convaincue de l’intérêt de son action.
La résidence Daniel Ravier propose, elle, depuis septembre 6 places supplémentaires. L’équipe a su gérer cette évolution ainsi que l’absence de sa coordinatrice en formation.
Notre accueil de nuit pérenne à l’année, ouvert en octobre dernier, reçoit 30 personnes dans un lieu chaleureux et sur une amplitude horaire adaptée à leur situation. Grâce à la volonté et au dynamisme de l’équipe, 10 personnes de plus ont pu être accueillies cet hiver.
Des locaux rénovés accueillent depuis peu le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale. Les résidents se montrent très satisfaits. Il est vrai que le séjour temporaire à l’ancien collège de l’Adoration dans des locaux vétustes, a été pénible pour tous. Ce déménagement a été couplé avec une nouvelle organisation travaillée avec l’équipe dans un esprit « logement d’abord ».
Enfin, notre centre d’accueil des demandeurs d’asile vient d’ouvrir pour recevoir 50 personnes dans un lieu bucolique à Betton. L’équipe attendait fébrilement le démarrage de ce projet. Elle est à pied d’œuvre.
Beaucoup de chemin parcouru en un an, beaucoup d’énergie dépensée mais aussi de fatigue pour tous. Mais le résultat est là.
A présent poursuivons le chemin en gardant toujours à l’esprit que notre action est au service des personnes que nous accueillons.

Dominique Djuricic
Directrice générale de l’Association






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Entre elle et eux, le courant passe

Andréa Guibourg est beaucoup plus qu’un femme de ménage à Saint-Benoit. Les résidents et les migrants lui font confiance et se confient à elle.

Quand elle arrive au Bois Rondel ce midi-là, Andréa Guibourg se dirige tout droit vers les résidents qui patientent dans l’entrée. Poignée de main chaleureuse, trois ou quatre mots pour s’inquiéter de leur santé… Le courant passe. Le contact est vrai. 
« Je les aime. Ça fait 19 ans que je travaille pour Saint-Benoit Labre. Je comprends ceux qui passent par ici. J’ai connu ça il y a longtemps ». Andréa, 52 ans, parle avec tendresse de ceux et celles qu’elle rencontre ici ou à l’accueil de nuit, rue Cherreau.
Chargée de l’entretien, elle débute sa journée à l’Accueil de nuit. « Jusqu’à 11h je nettoie les chambre, les wc et je désinfecte les matelas. En arrivant je croise ceux qui ont dormi là. J’en connais plusieurs. Je les vois dans le bus ou au centre-ville où ils sont dans la journée. Je sais que c’est dur pour eux. Je n’ai pas oublié ce que c’est. Les gens croient qu’ils font la manche pour picoler alors que, bien plus souvent, c’est pour manger. Faut leur parler, ils sont pas méchants. Ça leur fait du bien ».
C’est aussi sa manière de faire l’après-midi au Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale rue Bois Rondel. « Pas besoin de leur dire que j’ai connu la misère. Ils le sentent. Ils m’écoutent et me respectent. Quand je les sollicite, ils sont prêts à me donner coup de main pour plier le linge ou pousser un charriot. Certains me demandent aussi conseil pour entretenir leur douche ou nettoyer une porte. C’est surtout vrai depuis que nous sommes dans nos nouveaux locaux. Ils font la différence avec avant ».
Sarah Proust, conseillère en économie sociale et familiale, le confirme: «  les résidents sont plus calmes. On retrouve de la sérénité. Ils nous sollicitent davantage pour leur parcours de réinsertion. On se recentre sur notre mission première. On peut se permettre d’être plus exigeant ». Andréa le dit à sa manière: « maintenant je peux demander à un résident de fermer le radiateur avant d’ouvrir la fenêtre de sa chambre ».
Yvon Lechevestrier.





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« Je suis passé de la rue à un vrai chez moi »

Jean-Michel raconte comment en quelques jours il s’est retrouvé sans domicile fixe avant de remonter la pente. Un parcours exemplaire.

Depuis début Mars Jean-Michel vit dans son propre appartement. « 54 mètres-carrés à la Poterie, à 200m du métro », dit-il tout heureux de le décrire pièce par pièce. « C’est mon tout premier logement. A 36 ans, il est temps que je mène ma propre vie. Peut-être que demain j’aurais une femme et des enfants…»
Jean-Michel retrouve confiance en lui et dans la vie. «  Je me suis accroché comme j’ai pu. J’avoue que parfois ce fut difficile… » Comme ce 27 avril 2018 où il se retrouve seul à la rue. «  C’était un mercredi, je m’en souviens. Huit jours avant, une assistante sociale était passée me voir pour me dire que j’avais une semaine pour quitter l’appartement que je partageais avec un copain. Je ne savais pas quoi faire, avec plein de questions dans la tête: où je vais manger? Dormir? Qui peut m’aider ?… »
Au CAO (Centre d’accueil et d’orientation), on lui conseille d’appeler le 115 qui lui trouve un logement pour une nuit à Vitré. Le lendemain ce sera à l’Abri à Villejean puis, plus tard, à l’Accueil de nuit, rue Chérreau. « Tant qu’on ne s’est pas retrouvé à la rue on ne peut pas imaginer ce que c’est. Tout un monde où chacun est dans sa bulle. On se débrouille comme on peut. A Cherreau il y avait beaucoup d’étrangers qui ne parlaient pas français. On ne pouvait pas échanger. Il faut d’abord compter sur soi ».
Jean-Michel sait aussi ce qu’il doit à ceux qui, comme Anne-Elisabeth, sa référente à Benoit Labre ou son chef chez PSA, l’ont soutenu. « Sans eux je me serais refermé sur moi-même. Et Dieu sait ce qu’il peut arriver quand on se sent seul au fond d’un trou ? ».
Ayant déniché un emploi d’un an à l’usine Citroën de la Janais, Benoit Labre l’accueille comme résident au Bois Rondel. «  C’était bien pour moi car, travaillant de nuit, parfois jusqu’à 4h du matin, je pouvais mieux me reposer qu’à Chérreau où on doit partir à 8h ». Encore mieux, en Novembre, on lui propose un appartement HLM indépendant. Petit mais propret. Ça lui permet d’être plus indépendant et plus libre qu’au Bois Rondel. « Je me sentais un peu plus chez moi ». Le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale a bien joué son rôle pour passer cette période difficile.
Passé de la rue à un vrai « chez soi », Jean-Michel voit la vie moins noire. Sur un mur de sa chambre il a épinglé un poster avec les photos des voitures fabriquées à Rennes. De l’Ami 6 à la future C5 air cross dont il nous montre une petite maquette en avant-première. «  Je suis fier de participer à sa fabrication en travaillant sur une ligne en début de chaîne. J’ai toujours aimé les voitures. Peut-être qu’un jour j’en aurais une? Maintenant que j’ai un toit je vais penser à passer mon permis de conduire ».
Yvon Lechevestrier.









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À Betton, le CADA accueille ses premiers réfugiés

Depuis le 25 mars ce nouveau lieu est opérationnel. À terme 50 demandeurs d’asile y séjourneront le temps d’obtenir leur statut.

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« Le lieu est superbe. Depuis le 25 mars on accueille du monde ». Sarah Placé, responsable du Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), s’en félicite. « Nous avons passé avec succès d’importants contrôles. Que ce soit pour la mise en conformité des bâtiments ou pour les procédures d’accueil des publics ».
Pas une mince affaire quand on sait que l’ancien Centre de réadaptation pour personnes handicapées, acquis conjointement par l’Association Saint-Benoit Labre et l’AIS-35, était inoccupé depuis quatre ans. Tout a dû être remis aux normes: l’électricité, le chauffage, les escaliers… Il a fallu aussi retrouver des lits, des armoires, des bureaux, de la vaisselle…
41 chambres ont ainsi été réhabilitées. Cinq d’entre elles pouvant recevoir des familles. L’ancien restaurant a été restauré.  Les résidents y disposeront de réfrigérateurs et du nécessaire pour préparer leur repas.
Sarah Placé rappelle que les personnes accueillies à Betton sont adressées  par l’OFII (Office Français de l’immigration et de l’intégration). « Des demandeurs d’asile, actuellement sans hébergement, originaires de différents pays. Elles resteront au CADA le temps d’obtenir le statut de réfugiés ». Trois travailleurs sociaux, recrutés par les deux associations, les accompagneront dans leurs démarches.











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« C’est l’appartement à mon papa »

Un premier appartement est en cours d’aménagement à la Maison relais Daniel Rouvier. Il permettra à un père de famille d’y accueillir ses enfants.

Permettre à des pères de famille, actuellement hébergés dans des centres comme celui du Bois Rondel, de pouvoir accueillir leurs enfants: une idée simple qui devient réalité. Un premier appartement est en cours d’aménagement à la Maison relais Daniel Ravier. Un second suivra au même endroit puis, plus tard, deux autres en ville.
«  Certains résidents pourront ainsi faire valoir leur droit de visite. Pendant un jour ou deux, ils recevront leurs enfants dans un T-2 qui leur sera attribué. Il sera meublé en conséquence, avec des lits d’enfants, des jeux et la vaisselle nécessaire,  précise Nathalie Heinry, en charge du pôle insertion.Plutôt qu’un appartement impersonnel, mis à disposition juste le temps d’une visite, nous avons voulu que ce soit un lieu de vie où les enfants auront leurs repères, où ils pourront laisser leurs jouets, leurs livres, leurs affaires. Et qu’ils puissent dire: « c’est l’appartement de mon papa  »…. »
Ce projet, soutenu financièrement par le Département d’Ille-et-Vilaine et le réseau Parentalité 35, ne se limite pas à la mise à disposition d’un logement. Les papas retenus seront accompagnés par des travailleurs sociaux spécifiquement formés. L’objectif étant de restaurer et entretenir le lien qui, parfois, n’existe plus entre le père et ses enfants. 
Les résidents du CHRS, pères de famille, privés de leur droit de garde, pourront aussi bénéficier de cet accompagnement en participant à des temps de parole et des rencontres avec des psychologues, des assistantes sociales et des juristes.





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L’aboutissement d’un chantier ambitieux

Le jeudi 7 mars le nouveau bâtiment du CHRS, rue du Bois Rondel, a été inauguré. Sa réhabilitation perpétue une histoire sociale et solidaire.

Ce jeudi 7 mars 2019 fera date dans l’histoire  du foyer saint-Benoit Labre, rue du Bois Rondel. Le nouveau bâtiment du CHRS (Centre d’hébergement et de réinsertion sociale) est inauguré en présence de nombreux élus et de responsables d’associations amies et partenaires, mais aussi des salariés, bénévoles et résidents.

Procurer confort et dignité aux résidents

« Cette inauguration est l’aboutissement d’un chantier ambitieux », précise Jean de Legge, président. Il remercie Archipel Habitat pour la maîtrise d’œuvre de cette réhabilitation et Jacques Gefflot, l’architecte: « ce bâtiment  valorise l’association et procure confort et dignité aux résidents. Sa transformation nous raconte une histoire rennaise, celle de notre association, fidèle aux objectifs de ses fondateurs, et heureuse de contribuer depuis longtemps, et avec beaucoup d’autres, aux valeurs de solidarité associée à la Ville de Rennes ».
« Ce sont ces valeurs qui nous rassemblent, ajoute Honoré Puil, vice-président de Rennes Metrople, délégué à l’habitat et au logement, et président d’Archipel Habitat. « Ce type de structure est indispensable quand on parle de l’humanité et de la dignité que l’on dit aux plus démunis ».
L’union faisant la force, Jean-Luc Chenut, président du Conseil départemental, se félicite lui aussi que le Département ait contribué à la même hauteur (234.000€) que la Ville et Rennes Métropole.

Le pacte métropolitain : un effort collectif

Quant au représentant du Préfet, tout comme Honorė Puil, il rappelle que ce projet est l’aboutissement du pacte métropolitain, signé lors de la venue de Bernard Cazeneuve, alors Premier ministre, voilà deux ans. Pacte par lequel l’Etat s’engageait à verser une subvention d’1 million d’€, à laquelle s’ajoutait celle de l’ANAH (735.000€) complétée par un prêt logement de la Caisse des dépôts  et consignations pour un peu plus d’un million. Soit un montant total de 3.527.151€.
Voilà pour les chiffres. S’ils permettent de mesurer l’effort de tous,  on retiendra aussi la conclusion de Jean de Legge : «  Cette cérémonie est l’occasion de dire combien nous croyons au partage d’une éthique de territoire. Attentive  à nos concitoyens en difficulté et accueillante à ceux qui fuient la guerre, la mort et l’extrême misère ».
Des propos qui résonnent fort quelques semaines après l’intervention de militants d’extrême droite, galvanisés par élu régional du Rassemblement national, venus troubler violemment une réunion d’information pour les riverains du futur CADA à Betton. 

Pour nous, l’accueil des migrants va de soi

« Quand le refus de l’autre devient un programme nous sommes fiers d’être au front de la lutte contre les exclusions et d’exercer des métiers de solidarité. Depuis sa création, Saint Benoit Labre a toujours su évoluer pour être présente aux personnes les plus exposées aux risques de l’exclusion. Voilà pourquoi, pour nous, l’accueil des migrants va de soi ».





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Deux heures de français par semaine

Marie-Françoise, enseignante retraitée, donne des cours aux migrants qui le souhaitent. Un premier pas pour se sentir moins seul loin de chez eux.

Shirzad et Javed, tous deux Afghans, arrivent un peu après le début du cours de français. On comprend que, faute de bus, ils sont venus à pied jusqu’au 16, rue Chereau où, chaque mardi de 14h à 16h, des cours de français sont proposés  aux migrants.
Marie-Françoise, enseignante à la retraite qui assure bénévolement ces cours, tout en comprenant les raisons de leur retard, en profite pour expliquer, en les écrivant au tableau, des mots en rapport avec la grève des chauffeurs de bus : manifestation, retraites, travail, salaires…
Des mots inconnus pour ses élèves, mais leur attention est grande. Elle le sera encore plus quand, tout à l’heure, Marie-Françoise parlera de lettre à envoyer ou de colis à retirer à la Poste. L’occasion d’apprendre des mots utiles dans la vie quotidienne: adresse, rue, ville, pays…
Mon voisin, Najm El Dine, originaire du Soudan, note soigneusement les mots sur un carnet. Il butte un peu sur « boîte aux lettres », mais il sera le premier à bien vouloir aller au tableau pour écrire son adresse à Rennes et celle de sa famille au Soudan. « Je suis subjuguée par ses progrès et son envie d’apprendre », se réjouit Fleur Jeammot, monitrice-éducatrice au CPH (Centre provisoire d’hébergement), à l’initiative des cours de français.
« En aidant plusieurs migrants dans leur vie quotidienne, que ce soit pour leur logement, leur alimentation ou leur santé, je mesure combien la non connaissance de notre langue est une véritable barrière pour eux ». Barrière d’autant plus infranchissable quand, pour certains, ils ne sont jamais allés à l’école dans le pays d’où ils viennent.
Afghans, Éthiopiens, Érythréens, Somaliens, Tibétains, Soudanais…les élèves de Marie-Françoise bénéficient du statut de réfugiés. Essentiellement des hommes, plutôt jeunes, ils sont partis de chez eux, laissant parfois au pays femme et enfants. Mieux que personne ils savent que l’acquisition du français sera le meilleur des passeports pour une vie ici. Que ce soit pour trouver un travail ou briser leur solitude.
Yvon Lechevestrier.





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Poème d’un précaire anonyme

Anne-Marie NANPON, membre du CA de notre association souhaite faire partager ce poème aux lecteurs de Rebonds. Quand on en connaît l’histoire, on la comprend. Et on la remercie.
«  C’était quelques jours avant Noël. Un inconnu sonne à ma porte. Il présente bien et me raconte qu’il est au chômage, sans revenu, en attendant un contrat en intérim…
 Il ne veut pas mendier…mais il me propose de choisir un poème en échange de quelques pièces de monnaie. Au regard de mon engagement auprès du foyer Saint-Benoit j’ai choisi celui ci 
».







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Nous avons besoin de vous

L’art, une voie pour se reconstruire

Ce trimestre, rendez possible la création d’une nouvelle collaboration d’artistes de Street-Art et de résidents du Centre d’Hébergement et d’Insertion Sociale (CHRS).
Coût total pour une fresque de 30 m² et l’accompagnement : 3.000 €.
Chaque euro compte : il n’y a pas de « petits dons » !
Et donner 10 € ne vous coûte que 3,40 € ; donner 100 € ne vous coûte que 34 €, car les dons à l’Association Saint-Benoit Labre réduisent votre impôt sur le revenu de 66% des sommes versées (déduction maintenue avec le prélèvement à la source).
Dons sur le site : cliquer ici
ou par chèque : ASBL-Service dons
5 rue du Bois Rondel – 35700 Rennes