Rebonds n°03 – octobre 2019

Rien ne justifie ce qu’on impose actuellement aux migrants

Télécharger Rebonds, la lettre de nouvelles de Benoit Labre, n° 3 – octobre 2019 (au format pdf)

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Éditorial
NOUS AVONS BESOIN DE VOUS
« Chez Monsieur Vincent on fait une pause »
Fabien : “ Grâce à Monsieur Vincent, je m’en suis sorti ”
À Betton, les demandeurs d’asile ne sont pas seuls
De futurs“ Horizons ”au Bois Rondel
La qualité de vie au travail, on y réfléchit tous ensemble
Saint Benoit Labre : une association bien vivante
Brèves





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Édito

L’actualité a mis en évidence les situations indignes faites aux migrants arrivant à Rennes.

jean de Legge
Président

Laissés à la rue ou passant de squats insalubres en campement de fortune, rien ne justifie ce qu’on leur inflige. Dans le cadre de la Fédération des Acteurs de la Solidarité à laquelle adhère notre association, nous avons pris position avec le collectif Alerte pour dénoncer ces conditions d’accueil insupportables.
Par ailleurs, depuis juillet, le 115 a reçu comme consigne d’orienter les demandes d’hébergement en fonction du statut administratif des personnes, ce qui ouvre la remise en cause des principes d’inconditionnalité auxquels nous sommes attachés, risque dénoncé par la Commission Consultative des Droits de l’homme.
Au moment où la question migratoire fait l’objet d’un débat national, rappelons-nous que la raison d’être de l’association Saint Benoît Labre est, depuis 1937, d’accueillir toute personne en situation de précarité et d’exclusion.
Bien que, ou parce que, nous sommes partie prenante des politiques publiques et des efforts de l’État en matière de création de places et de lutte contre la pauvreté, nous devons rester attentifs aux besoins et aux conditions d’hébergement et d’accueil, au respect des droits fondamentaux des personnes et aux valeurs de l’hospitalité.





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Votre soutien nous permet :

  • De développer l’offre nécessaires aux besoins croissants d’hébergement et de mise à l’abri
  • De proposer une meilleure réinsertion par la diversité des activités et des pratiques sportives et culturelles
  • De renforcer nos moyens humains afin d’améliorer la qualité de notre accueil et de notre accompagnement.

Si vous jugez inacceptable que plus de 150 000 personnes soient à la rue tous les soirs
Si vous jugez inacceptable qu’il y ait plus de 3 millions d’enfants pauvres en France et 5 millions d’adultes en situation de grande pauvreté
Si vous pensez que les valeurs d’accueil, de respect, de bienveillance sont notre part d’humanité,
Si vous pensez que les valeurs ne valent que par les actes

Faites un don ou un legs

Legs, donation et assurance-vie pour notre association sont exonérés d’impôt sur votre succession.
Pour ces décisions importantes, un notaire retraité bénévole peut vous écouter et vous conseiller confidentiellement.
Contactez-nous au 06 78 98 12 06 ou envoyez un e-mail à conseil-don@saint-benoit-labre.fr

Don par chèque à Association St Benoît Labre,
5 rue du Bois Rondel, 35700 Rennes, ou sur le site https://www.saint-benoit-labre.fr/faire-un-don/
Réduction d’impôt de 66% : si vous donnez 100€ à Benoît Labre, votre impôt sur le revenu est diminué de 66€ ; votre don ne vous coûte que 34€.





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« Chez Monsieur Vincent on fait une pause »

Trois ou quatre nuits au Centre d’Hébergement d’Urgence suffisent parfois pour rebondir.

des résidentes, avec leurs enfants, décorent la cabane des enfants dans le jardin du Centre d’hébergement d’urgence, rue Monsieur Vincent

Le Centre d’Hébergement d’Urgence, au 27 rue Monsieur Vincent à Rennes, peut recevoir 42 personnes chaque nuit. « Il s’agit bien d’hébergement d’urgence où on ne peut pas rester longtemps, précise Martine Prioul, cheffe de service à Saint Benoit Labre, en charge du foyer. Les hommes et les femmes qui arrivent ici nous sont orientés par le 115. On les garde trois à quatre nuits en moyenne s’ils sont seuls, et jusqu’à sept nuits quand il y a un enfant ». Gens de la rue, réfugiés, demandeurs d’asile déboutés… La demande est plus importante que l’offre.
Dans une posture d’accueil bienveillante, les professionnels de Monsieur Vincent leur assurent le gîte, le couvert, le repos et une écoute qui n’a pas de prix. « Ici ils font une pause. Trois ou quatre nuits pendant lesquelles ils ne seront pas exposés au froid et aux violences de la rue. C’est important car on n’imagine pas la souffrance et l’atroce solitude des gens sans logement. Souvent, dans la journée, ils ne font rien d’autre que marcher, marcher dans la ville… On s’en rend compte quand on voit leurs pieds abîmés, usés. La rue dégrade les personnes à une vitesse grand V.… »
Des situations pas toujours faciles à vivre pour l’équipe éducative en place (veilleurs de nuit, éducateurs…). Heureusement, leur passage rue Monsieur Vincent permet à des résidents de rebondir et de retrouver de l’énergie. « On a tous en tête le souvenir récent de cette femme arrivée avec deux enfants et sa sœur handicapée. « Le temps où elle a été ici elle a pu faire les démarches pour placer sa sœur dans un IME (institut médico éducatif) et pour que ses enfants soient scolarisés… »» Réconfortante aussi l’attitude des voisins de cette rue tranquille aux abords du Blosne. L’appréhension du départ a fait place à une générosité bienveillante. Il n’est pas rare de voir des riverains apporter des vêtements ou des jeux pour les enfants. « Peut-être qu’un jour on fera une fête des voisins ? ». Ce serait chouette.
Yvon Lechevestrier





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Fabien : “ Grâce à eux, je m’en suis sorti ”

Fabien, 32 ans, originaire du Lot-et-Garonne, raconte avec son joli accent, ce qu’il doit à l’équipe de Monsieur Vincent.
« Quand je suis arrivé à Rennes voilà 8 mois, après 10 ans d’errance, je vivais dans la rue, accroc à l’alcool et à la drogue. Jusqu’au jour où j’ai décidé de faire une cure de désintoxication. En sortant de cette cure, j’ai appelé le 115 qui m’a trouvé une place au centre d’hébergement d’urgence, rue Monsieur Vincent, pour 4 jours.
Martine Prioul et les éducateurs ont vu que j’étais décidé à m’en sortir. Ils ont fait des pieds et des mains pour que je reste là un mois. Du jamais vu, paraît-il. Pour moi, ce séjour a changé ma vie. Ils m’ont conseillé et soutenu dans mes démarches pour obtenir un logement et trouver un travail.
Aujourd’hui j’ai mon studio. Je ne vois plus mes anciens copains de la rue. Je ne bois plus et je me fais soigner. J’ai aussi trouvé un boulot en intérim. Ça va mieux. Je sais ce que je leur dois. Je suis content de passer les voir. Et je sais qu’eux aussi apprécient mes visites. Ils n’ont pas fait tout ça pour rien ».





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A Betton, les demandeurs d’asile ne sont pas seuls

Depuis son ouverture en avril dernier, le CADA suscite un élan de solidarité réconfortant et rassurant.

Le CADA (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile) héberge maintenant 50 résidents à Betton. Des hommes en majorité, des femmes et une poignée d’enfants. Dix-huit nationalités différentes. Principalement des jeunes de 20 à 35 ans. Beaucoup viennent d’Afrique et d’Afghanistan, mais aussi du Honduras, de Géorgie… Huit d’entre eux ont déjà obtenu un avis favorable à leur demande d’asile. Un soulagement pour eux. Ils ne pourront plus être expulsés et ont droit de chercher un travail et d’obtenir un logement social. « Cela demandera du temps. Les 6 mois pendant lesquels ils sont autorisés à rester encore ici ne seront pas de trop », précise Matthieu Le Bihan, coordinateur de cet établissement, géré conjointement par les associations Saint-Benoit Labre et AIS.
Du lundi au vendredi, Matthieu, Justine, Sarah et Gaëtan, les salariés du CADA, sont à l’écoute des nouveaux pensionnaires de l’ancien centre de rééducation de La Vallée. « On les accompagne dans la longue et délicate procédure de demande d’asile. On les aide dans leurs démarches administratives. On les conseille dans la vie quotidienne. » Un espace a été aménagé pour leur permettre de cuisiner, avec des plaques de cuisson et un frigo pour chacun.
L’équipe apprécie la solidarité et la générosité des voisins et d’autres Bettonnais et Rennais. Que ce soit le médecin de La Croix Rouge qui consulte chaque jeudi ou ces bénévoles qui, tous les jours, assurent des cours de français via deux associations, TABGHA solidarité et AGIR ABCD. « Nous avons organisé une fête des voisins peu après l’ouverture. Elle s’est bien passée et un réseau de bénévoles s’est constitué ». L’épicerie sociale et solidaire du Canal apporte des denrées alimentaires, Breizh Phœnix livre chaque mercredi des invendus de supermarchés et Jean-Pierre le responsable des cuisines au Bois Rondel nous livre régulièrement. Des voisins ont donné des vélos pour faciliter les déplacements…
Des échanges réconfortants et rassurants. Tout comme ces liens qui se tissent entre certains résidents et un paysan voisin chez lequel ils se fournissent en lait et en œufs. L’école joue aussi son rôle d’intégration : Dexon, 10 ans, hébergé au CADA avec sa maman et son petit frère, est scolarisé à Betton depuis la rentrée. Voilà quelques jours, il a été invité à la fête d’anniversaire d’un de ses camarades de classe. En retour, Dexon l’a invité à venir le voir à La Vallée. Son copain est venu avec ses parents. Sympa, non ?
Yvon Lechevestrier.





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De futurs “ Horizons ” au Bois Rondel

Quatre artistes viennent d’être choisis pour réaliser des fresques murales à tous les étages du CHRS

Le projet de fresque pour l’accueil
Encore un peu de patience et les nouveaux locaux du Bois Rondel prendront de la couleur. Du sous-sol au 3e étage, des fresques colorées ouvriront les murs sur divers « Horizons » – le nom donné à cette future réalisation par quatre artistes plasticiennes. Pascale Quenouillère, Coralie LR, Nadège Noisette, et Marine Cuminet, du collectif Art2Rennes, viennent d’être choisies par un jury réunissant résidents, salariés, et professionnels de l’art.

« A la lecture du cahier des charges de l’appel à projet, lancé conjointement par l’Association Saint Benoit Labre et la Ville de Rennes, nous avons été enthousiastes,
expliquent-elles. En tant qu’artistes engagées, réaliser des fresques participatives dans une résidence qui accueille et accompagne des personnes à la rue, fait sens pour nous. Nous avons choisi de répondre ensemble afin de donner une ambiance particulière à chaque fresque liée à nos propres styles. Lors de notre visite, nous avons découvert que chaque résident est là pour un temps limité, le temps de se reconstruire et de tracer son nouvel horizon.  L’horizon que Saint Benoît suivait dans ces périples, celui que les salariés cherchent à dessiner avec chaque résident et celui que les résidents eux-mêmes se construisent jour après jour ensemble et séparément ».
Le Saint Benoît du 1er étage
Au rez-de-chaussée, leurs quatre styles s’entremêleront. Une femme et un homme échangent autour d’un café, symbole de l’accueil des salariés et bénévoles de l’association envers les résidents. Au réfectoire, Pascale Quenouillère ouvrira une grande « Fenêtre sur horizon ». Au 1er étage, Coralie LR revisitera l’image de Saint Benoît qui a tant œuvré pour les sans-abris. Au 2°, Nadège Noisette proposera « d’aller ensemble vers un nouvel horizon » en suivant deux danseurs. Enfin, au 3e étage, Marine Cuminet, invitera à regarder vers un « Horizon végétal », inspiré par la Forêt de Rennes et ses parcelles de pins sylvestres. À chaque étage, les résidents seront associés à la réalisation des œuvres lors d’ateliers participatifs avec les plasticiennes.
Pour ce beau projet collaboratif, l’Association Saint Benoit Labre a été accompagnée par Fatima Salhi, chargée de mission Street-Art à la direction culturelle de la ville qui a aussi contribué, par une subvention de 2.500€, au budget global de 3.000 €.





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La qualité de vie au travail, on y réfléchit tous ensemble

Le Comité de Direction de l’Association Saint Benoît Labre a engagé une démarche d’amélioration de la qualité de vie au travail (QVT). Un des premiers résultats visibles est le nouvel aménagement de l’accueil de la rue du Bois Rondel. Les veilleurs avaient signalé la difficulté à travailler à deux sur un seul bureau et à accéder au téléphone. On a entendu leurs demandes : le hall d’accueil est maintenant plus ergonomique et plus agréable.
L’organisme « Travail et Savoirs » nous a accompagnés dans cette réflexion collective sur la qualité de notre travail et le respect de notre santé en tant que professionnels. Cette démarche concrète vise à améliorer nos conditions de travail quotidien. Nous en avons retenu une méthode ainsi que plusieurs chantiers à travailler.
La planification et l’organisation de la charge de travail, et la communication, ont été particulièrement discutées du fait de leur importance pour les professionnels de l’association comme pour la direction.
Forts de cette première expérience positive sur le hall d’accueil, nous allons poursuivre ensemble la réflexion et le travail engagés.
Dominique Djuricic, directrice de Saint Benoît Labre





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Saint Benoit Labre : une association bien vivante

L’assemblée générale de mai 2019 a permis d’apprendre plein de choses sur l’association et son fonctionnement 

« Je suis contente d’être venue. J’ai appris beaucoup de choses sur l’Association Saint Benoît Labre qui a des actions bien plus diverses que ce qu’on croit. Et c’était bien d’entendre des travailleurs sociaux », dit Marie une nouvelle adhérente1, à la sortie de l’Assemblée Générale annuelle qui s’est tenue le 22 mai dernier rue du Bois Rondel. « C‘était une AG intéressante ! », ajoute un cadre d’une association rennaise invitée.
En introduction, Irma Poulard, de l’APRAS2, a présenté les évolutions démographiques et sociales de Rennes et mis en évidence la part grandissante des personnes pauvres, notamment parmi les foyers monoparentaux, les jeunes sans diplômes et les personnes seules aux très petites retraites.

Mettre les résidents au cœur de notre action

L’année 2019 a été marquée en particulier par l’acquisition de la Vallée à Betton, un ancien centre de rééducation qui accueille maintenant le CADA où des migrants attendent leur régulation
Dans son rapport moral, Jean de Legge, notre Président, a développé les quatre orientations stratégiques de l’Association : – Mettre toujours les résidents et leurs besoins au cœur de notre action, – Améliorer l’efficience de notre organisation et la qualité de chaque service, – Diversifier nos activités, -Renforcer les partenariats et coopérations. En conclusion il a précisé : « Face aux profondes évolutions économiques et culturelles qui redessinent les visages de la déshérence, Saint Benoît Labre garde l’ambition d’être une association référente par le professionnalisme de ses équipes, son insertion locale et sa défense sans relâche des valeurs de solidarité et de bienveillance. »
Dominique Djuricic, directrice, a retracé les temps forts de l’année : retour au bâtiment historique rénové du Bois-Rondel : – ouverture toute l’année de l’Abri de Nuit rue Chéreau ; – ouverture du Centre Provisoire d’Hébergement (CPH) en partenariat avec les Amitiés Sociales ; – extension des horaires du Centre d’Hébergement d’Urgence rue M. Vincent ; – achat de locaux à La Vallée à Betton, avec l’AIS-35, pour ouvrir un Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile.
En tout, au cours de la seule année 2018, on est passé de 172 à 320 places offertes chaque soir par l’Association Saint Benoît Labre.
Puis chaque responsable a présenté son service : les personnes accueillies, le personnel et les locaux ; de nombreuses photos illustraient les activités et la coopération avec un grand nombre d’autres associations.
Ce qui revient le plus dans les commentaires est la présentation par deux travailleuses sociales de quelques parcours de nos résidents. On mesure les injustices sociales et les dysfonctionnements institutionnels auxquels sont exposés nos publics, et l’utilité de notre accompagnement qui s’appuie, au-delà des manques et fragilités personnelles, sur la richesse sociale et humaine des personnes accueillies.

1 – Pour adhérer : https://www-.saint-benoit-labre.fr/devenir-adherent/

2 – L’APRAS (Association pour la Promotion de l’Action et de l’Animation Sociale) est une association créée par la Ville de Rennes, la Caisse d’Allocations Familiales d’Ille et Vilaine et les organismes rennais de Logement Social.





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