Tisser ou retisser des liens : intervenir auprès des pauvres et des exclus
Pour ses 90 ans, l’Association Saint-Benoît Labre a voulu nourrir le travail des équipes de Benoît Labre avec les réflexions croisées d’un chercheur universitaire, de professionnels témoignant des liens tissés avec les personnes accueillies et des élus du territoire et des représentants de l’État.
Mardi 10 juin, notre colloque s’est tenu à ASKORIA, école du travail social. L’amphi Bretagne, presque plein, a rassemblé 250 participants : étudiants, bénévoles, professionnels, et partenaires institutionnels et associatifs. Les échanges avec la salle ont été nourris, témoignant de l’intérêt porté aux enjeux de solidarité, de logement et d’accompagnement des personnes en situation de précarité.
Après les mots d’ouverture d’Isabelle Fiand pour Askoria, de Nathalie Appéré, Maire de Rennes et présidente de Rennes Métropole, et de Dominique Le Tallec, président de l’association, Aude Boulbennec, directrice générale de l’ASBL, a introduit l’après-midi autour d’une belle métaphore : celle de la broderie, du tissage et du retissage des liens. Une invitation à penser le sens de l’action associative, au plus près des personnes accompagnées et des réalités de terrain.
L’intervention de Serge Paugam, sociologue, intitulée « Tisser ou retisser des liens : intervenir auprès des pauvres et des exclus », a apporté un éclairage dense et riche. En rebondissant sur les interventions des professionnelles et professionnels de l’association, il a proposé une lecture à partir des quatre grands types de liens sociaux : le lien de filiation, le lien de participation élective (choisi), le lien de participation organique (travail, association...) et le lien de citoyenneté. Chacun de ces liens porte à la fois une dimension de protection et de reconnaissance. Cette approche a permis de mieux comprendre l’importance de tisser des liens dans les territoires et avec les territoires.
Les professionnels de l’Association Saint-Benoît Labre — Meggan Maillard, Audrey Loussouarn, Germain Lefresne et Océane Hignet — ont partagé leur expertise de terrain à travers des situations concrètes, illustrant la complexité des parcours et la richesse du travail d’accompagnement mené au quotidien auprès des personnes.
La table ronde consacrée au « logement d’abord à l’épreuve de la santé : les enjeux territoriaux et les réalités de parcours » a réuni plusieurs regards institutionnels et associatifs, avec notamment Alexandre Kesteloot, secrétaire général adjoint de la préfecture d’Ille-et-Vilaine, Caroline Roger Moigneu, Vice-présidente du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, Pascal Brice, Président national de la Fédération des acteurs de la solidarité, ainsi que Dominique Le Tallec, Président de l’association.
Les échanges ont rappelé l’enjeu majeur de mener l’action de solidarité dans l’état actuel de la société, avec réalisme, mais aussi avec espoir. La dimension territoriale est apparue comme essentielle pour construire des synergies entre acteurs, renforcer les coopérations, s’appuyer sur l’expertise des travailleurs sociaux et créer les conditions d’une véritable co-construction avec le terrain.
Ce colloque des 90 ans nous a permis de prendre du recul sur notre travail : comment continuer à tisser des liens de solidarité, avec exigence et humanité, au service des personnes accompagnées. Et ceci avec tous les acteurs du territoire.
Pour celles et ceux qui n'ont pas pu y assister, ou qui souhaitent revoir les interventions, le colloque est désormais disponible en replay sur YouTube :
👉 https://lnkd.in/e9H66SzT
Bonne découverte !